On commence par 20 ou 30 Kms avec vitesse limitée (entre 10 et 12 km/h obligatoirement) pour apprendre qu’arriver vite n’est pas forcément arriver bien.
Le niveau de fatigue du cheval est usuellement déterminé par la hauteur de son rythme cardiaque. Une formule a été mise au point avec le temps pour intégrer à la fois cette notion de vitesse et celle de fatigue.
Celui qui gagne n’est donc pas nécessairement celui qui est arrivé le plus vite (dans la limite de vitesse imposée), mais celui qui est allé le plus vite en fatiguant le moins son cheval.
Ainsi commence-t-on à comprendre les tenants fondamentaux de l’endurance : respect du cheval et rapidité dans la compétition.On se classe et l’on progresse.
On se qualifie chemin faisant.
On accèdera ainsi aux épreuves de 40, puis de 60 Kms (avec vitesse limitée entre 12 et 15 km/h).
Et puis, un jour arrive la « première nationale » sur 90 km (Nationale 1 étoile) avec vitesse non limitée. C’est l’accès à un monde nouveau où le cavalier devient complètement responsable.
La première nationale laisse un souvenir impérissable, celui de l’intronisation. Le cavalier est libre. Mais, libre de gérer sa course, son cheval, il découvre au fil des kilomètres, que la chose n’est pas si évidente que cela. Il découvre qu’il ne sait pas encore grand-chose en matière d’endurance, mais que l’avenir est à lui s’il sait continuer d’apprendre dans le respect de sa monture et l’écoute de ses pairs.
Et voici qu’enfin, après au moins deux classements en Nationale 1 étoile, l’accès aux concours de 120 Kms est ouvert.
C’est une nouvelle étape qui, en cas de classement, permet d’accéder aux compétitions de 160 ou 200 kms.
Tout au long de cette progression, les cavaliers apprennent à connaître leurs chevaux et les dangers de la course. Ils apprennent à se connaître aussi dans le respect omniprésent de leur monture.
Mais on ne saurait s’entraîner sur les seules courses auxquelles on participe. L’entraînement de son cheval est tout un long programme. L’entraîner, c’est lui donner les moyens de mieux faire, lui permettre d’acquérir la condition physique d’un athlète de haut niveau, se donner les moyens d’être au rendez-vous des palmarès. Il faut apprendre à le connaître et savoir aller toujours un peu plus loin, un peu plus avant, l’amener à se dépasser sans cesse mais ne jamais franchir la limite qui le mettrait en danger. De nombreuses années de formation du cavalier et du cheval seront nécessaires. Vous ne trouverez pas un seul cavalier qui ne s’y sente toujours et qui songerait à s’en plaindre.
L’endurance est un sport fabuleux à condition de savoir persévérer dans l’apprentissage et de ne pas vouloir tout tout de suite. S’aventurer sur les distances pratiquées en endurance avec un cheval « sortant du pré » et non préparé, serait le faire inutilement souffrir et très certainement mourir ; ne vous y risquez jamais !